Le déficit commercial moins élevé qu’anticipé en février

Au mois de février, la balance commerciale des biens et services a vu son déficit s’établir à 57,3 milliards de dollars, en hausse de 4,9 % comparé au mois de janvier, dont les donnés ont été légèrement révisés à la hausse.
C’est malgré tout mieux que ne l’avaient envisagé les analystes, qui s’attendaient à le voir atteindre 62 milliards de dollars, selon le consensus publié par MarkerWatch.
Une hausse qui s’explique par une augmentation plus importante des importations que des exportations de biens, en valeur, sur le mois écoulé, alors que le surplus lié aux services est en léger recul.
Sur un an, le déficit est cependant largement en recul, grâce à une base de comparaison favorable : les entreprises avaient en effet largement importé en début d’année dernière, afin d’anticiper la mise en place annoncée par le président américain Donald Trump des droits de douane promis durant sa campagne.
La Cour suprême a depuis considéré qu’une bonne part de ces surtaxes étaient anticonstitutionnelles, les annulant de fait, même si le gouvernement a depuis annoncé l’introduction de nouveaux droits de douane, de 10 % cette fois, jusque fin juillet.
« La décision de la Cour suprême a été rendue le 20 février, je ne pense pas qu’elle ait pu avoir des conséquences sur les données de février. En revanche cela risque d’être le cas concernant celles à avenir, en ouvrant une nouvelle fenêtre pour reconstituer les stocks », a estimé Meagan Schoenenberger, de KPMG, interrogée par l’AFP.
Dans le détail, les exportations de biens sont en progression de 11,5 milliards de dollars par rapport au mois de janvier, profitant toujours de la forte demande en matière première et énergie, principalement le gaz et l’or non monétaire.
Flux commerciaux modifiés
Dans le même temps les importations de biens ont également progressé, de 14 milliards de dollars, avec une demande particulière en biens d’investissements (ordinateurs et semi-conducteurs en particulier), produits pharmaceutiques et pétrole.
« Les importations restent portées par le secteur de la technologie et la construction des centres de données pour l’intelligence artificielle, ce sont précisément des biens qui ont été exemptés de droits de douane », a pointé Mme Schoenenberger.
Concernant la répartition géographique, le mois de février consacre toujours le même trio de pays avec lesquels les États-Unis ont un important déficit commercial : Taïwan, Mexique et Vietnam.
Le déficit commercial avec la Chine continue de se réduire progressivement, de même que celui avec l’Union européenne (UE), qui n’atteint plus que 5,1 milliards de dollars sur un mois.
Dans le détail, le déficit avec l’UE se concentre toujours sur les quatre mêmes pays : l’Allemagne, la France, l’Irlande et l’Italie. Les États-Unis dégagent en revanche un surplus avec les pays du Benelux, ainsi que, hors UE, le Royaume-Uni et la Suisse.
Les droits de douane, annoncés il y a tout juste un an par Donald Trump lors de son « Liberation day », ont largement modifié les flux commerciaux entre les États-Unis et ses principaux partenaires.
Sur un an, le déficit commercial avec l’UE et la Chine s’est ainsi particulièrement réduit, mais une partie du flux, principalement depuis la Chine, a été réorienté via d’autres pays, tels que le Vietnam, devenu dans l’intervalle l’un des tous premiers exportateurs vers les États-Unis.
Plus largement, les droits de douane ont tout de même rempli la mission première que le président américain leur avait attribuée, à savoir réduire le déficit commercial global des États-Unis : il a atteint 775,6 milliards de dollars entre mars 2025 et février 2026, contre 1018 milliards de dollars sur la même période un an plus tôt.

