Pourquoi le prix du pétrole augmente-t-il si le Canada est autosuffisant ?

04.05.2026, 13:39 (GMT)

Le Canada produit environ 5 millions de barils de pétrole chaque jour. Il en consomme moitié moins, à 2,5 millions environ, selon la Régie de l’énergie du Canada. La très grande majorité de ses exportations se fait vers les États-Unis. En plus, la majeure partie du pétrole produit dans l’ouest du pays est acheminée dans les provinces de l’Est par des pipelines situés aux États-Unis.

Ce détail à lui seul signifie que le Canada n’est pas très indépendant du point de vue énergétique. Un des pipelines utilisés pour acheminer le pétrole albertain en Ontario passe par le Michigan, qui a récemment voulu le fermer. Le dossier est actuellement en cour. Si ça se produit, c’est l’approvisionnement en pétrole de l’Ontario et du Québec qui sera grandement affecté. Ce pipeline leur envoie l’équivalent de 540 000 barils par jour.

Autosuffisance n’est pas indépendance

Mais la question porte sur l’autosuffisance énergétique du Canada et des États-Unis. Elle souligne à quel point le pétrole est une des commodités les plus mondialisées qui soient. Une commodité est un produit de base standardisé, interchangeable et échangé sur les marchés mondiaux, comme le café ou le blé, ou encore… le pétrole. Environ le tiers de tout le pétrole produit dans le monde est négocié par des courtiers situés à Genève, qui ont pour nom Vitol, TotalEnergies, Gunvor, etc.

À cela s’ajoutent les marchés financiers, où ont notamment lieu des négociations et des spéculations sur les indices Brent, WTI et Dubaï, comme n’importe quelle action d’entreprise ou n’importe quel indice boursier.

Les prix régionaux du pétrole et de ses produits dérivés (essence, diesel, etc.) sont donc dépendants de négociations qui se font à l’échelle mondiale.

« Ce n’est pas vrai que les États-Unis ou le Canada sont indépendants, puisqu’ils sont soumis à cette dynamique mondiale des prix », dit Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM).

L’expert montréalais ajoute qu’il n’existe pas non plus un seul type de pétrole. Les États-Unis produisent une forme légère de pétrole, alors que ses raffineries acceptent un pétrole brut lourd. Celles-ci vont donc importer du pétrole lourd canadien ou vénézuélien, et le pétrole plus léger sera exporté.

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