Les deux tiers des Canadiens francophones à l’extérieur du Québec envoient leurs enfants dans une garderie anglophone, selon Statistique Canada. La Commission nationale des parents francophones (CNPF) y voit une « menace d’assimilation ».

À l’extérieur du Québec, les services à la petite enfance en français restent largement inaccessibles aux parents d’enfants francophones. Les plus récentes données analysées par Statistique Canada et rendues publiques cette semaine démontrent que seulement 33,4 % des enfants francophones qui ont fréquenté une garderie à l’extérieur du Québec ont eu accès à un service dans leur langue.
« C’est important d’envoyer nos enfants à la garderie en français, parce que c’est le début du continuum en éducation francophone », soutient en entrevue Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la CNPF.
Dans plusieurs cas, le parent affirme n’avoir pas eu d’autre choix que d’envoyer ses enfants à la garderie en anglais. Plus de quatre parents d’enfants francophones sur dix qui ont envoyé leur enfant à la garderie en anglais hors Québec affirment l’avoir fait parce qu’il n’y avait pas de service disponible dans leur langue. Ces chiffres, tirés de l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire, sont « très inquiétants » aux yeux de la CNPF, qui croit que plus d’efforts devraient être faits par les gouvernements provinciaux et fédéral.
« Il faut développer plus de places en garderie, c’est critique pour nos communautés », juge Mme Asselin. Si elle souligne les efforts déployés par les différentes universités au pays pour former des éducateurs à la petite enfance, elle soutient que, si ces programmes fonctionnent à plein régime, ils ne parviennent tout de même pas à répondre aux besoins. Surtout, dit-elle, parce qu’il manque d’établissements. « C’est compliqué et coûteux d’ouvrir un nouveau service de garde. »

