Quel legs laisse François Legault?

04.05.2026, 12:38 (GMT)

Un État plus gros malgré les promesses

« Un gouvernement de la CAQ réduira la bureaucratie et le gaspillage au sein de l’État », promettait François Legault lors de la campagne électorale de 2018. La CAQ voulait notamment réduire le nombre de postes administratifs, diminuer les dépenses en technologies de l’information et abaisser les coûts d’approvisionnement en biens et services. Elle pensait pouvoir retrancher 5000 postes de la machine et économiser 800 millions de dollars.

« C’est tout à fait réaliste. Ça aurait dû être fait depuis longtemps », disait alors François Legault.

Or, huit ans plus tard, il quitte le pouvoir en laissant derrière lui un État beaucoup plus gros qu’à son arrivée : en 2018, le nombre d’employés dans la fonction publique était de 68 618 ; il a passé le cap des 80 000 en 2024-2025.

À quoi se consacrent ces nouveaux employés ? « À certains événements exceptionnels », expliquait Québec dans son budget de 2023-2024, où l’on dénombrait 4000 fonctionnaires de plus que seulement un an auparavant. Québec avait alors dû embaucher du personnel au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour faire face à « l’augmentation des demandes d’aide financière de dernier recours [l’aide sociale] concernant particulièrement les demandeurs d’asile et les ressortissants ukrainiens ». Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration a aussi dû appeler des travailleurs en renfort pour faire face à la croissance « importante » de la demande en francisation. S’ajoutaient les ratés liés à la transformation numérique à la Société de l’assurance automobile et l’effet de l’allongement des horaires des ingénieurs de l’État.

Le gouvernement a toutefois imposé en 2024 un gel de recrutement dans toute la machine. Les effectifs ont diminué de 3000 postes depuis, et les efforts se poursuivent dans le but de les réduire de 5000 d’ici à 2027. Le « traitement choc » imposé à la bureaucratie québécoise a été lancé en fin de parcours. À l’automne 2025, François Legault a confié le dossier à France-Élaine Duranceau.

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