L’État québécois a consacré 2% de ses dépenses à la culture en 2023-2024, et puis après?

Il s’agit d’une hausse de 22 % des enveloppes culturelles par rapport à 2022-2023, attribuable notamment à un gonflement de 57 % des crédits d’impôt — dont ont beaucoup profité les industries audiovisuelles, en crise postpandémique.
« C’est positif globalement, mais il faut nuancer », souligne Julie Bérubé, professeure à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et spécialiste des politiques culturelles. « Une partie de ces dépenses prend la forme de crédits d’impôt, donc, ce n’est pas toujours de l’argent directement injecté dans l’ensemble du système. Surtout, cet argent ne va pas nécessairement directement aux artistes. »
Et pourquoi donc ? « Parce qu’une bonne partie des dépenses finance des organismes culturels ou des infrastructures », répond la professeure. « C’est positif s’il y a plus de lieux de diffusion, plus d’appuis aux organismes culturels. Cela bénéficie indirectement aux artistes, mais ça ne signifie pas nécessairement qu’ils gagnent mieux leur vie ou qu’ils peuvent vivre de leur art. »
Mme Bérubé ajoute que les conditions de travail des artistes restent précaires. Ils n’ont pas accès à des protections comme l’assurance-emploi entre leurs contrats, par exemple, alors que d’autres travailleurs saisonniers en bénéficient.

